Entropie, moulage sur nature, plâtre, (série 7 torses féminins), 2002-2012, photos 1, 2, 3, 4, 5, 8 Bernard Fontanel.

Explorer les états successifs par lesquels chacun d’entre nous passe de sa naissance à sa mort, offre un répertoire inépuisable de corps et de configurations dont je garde régulièrement la trace. Les bustes de femmes à différents moment de leur vie révèlent la transformation de leurs corps : moulés, ils sont matrices d’une vie mais la « mort » aussi travaille, sculpte, creuse ces corps qui deviennent formes d’empreintes. C’est la figure du temps sans concession, celle de l’entropie progressive, celle de l’âge qui s’inscrit dans le corps, faisant « descendre » les chairs. L’évidence du temps qui s’écoule (l’empreinte du temps qui froisse l’enveloppe charnelle) dans ces corps marqués, ridés est toujours une façon de voir et de « garder » un corps aimé.
 Condamné à agir contre le temps, l’empreinte est le work in progress du corps, de la mort tégumentaire. 
Elle l’est aussi au travers de l’entropie de la matière des fragments de plâtre disposés souvent au sol : le plâtre blanc, poreux, se recouvre d’une pellicule verdâtre. Je « plante » mes bustes, laisse le temps les jardiner. L’empreinte travaille, endémique et engendre progressivement leur recouvrement, leur transformation et parfois leur disparition.